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Nous l’avions annoncé.
Et voilà, notre premier ouvrage est arrivé !

Un récit qui entraîne le lecteur sur les traces des animaux dans la création de Léonard de Vinci, toujours en quête de mouvement, de pulsion de vie et de la juste proportion.

En regard de ses quelques peintures, le maître italien a multiplié les dessins, les croquis et les esquisses, notamment dans les carnets qu’il porte toujours sur lui et où il note tout. 
Lire Léonard de Vinci. Animal, c’est s’immerger dans le quotidien du maître, l’imaginer dans le feu de l’action, brossant en quelques coups de plume ou traits de craie le bond d’un chat, la pose d’un cheval, une patte d’ours ou la gueule d’un lion. L’artiste dessine sans cesse : sa manière toute personnelle de réfléchir et de concevoir retables, portraits peints, monuments équestres, décors de festivités. Entouré de fidèles compagnons, il vit au gré des opportunités. Après avoir ouvert un atelier-boutique à Florence, il s’en va à la cour de Milan, passe par Mantoue et Venise, revient à Florence… Le célèbre inventeur touche-à-tout ne cesse de bouger pour franchir, sur le tard, les Alpes et rejoindre la cour du roi de France.

Extraits :
« Léonard s’efforce de retranscrire, dans un système de courbes et de boucles, les différentes postures du chat cherchant à s’enfuir. Ces lignes incurvées, souples et nerveuses qu’il superpose, traduisent d’autant mieux l’énergie et le mouvement de l’animal qu’il a figuré le garçonnet la tête rejetée vers l’arrière. L’artiste détache son regard de la feuille et observe le chat assis non loin de là, en train de faire sa toilette, une patte relevée. Il le griffonne aussitôt, avant qu’il ne se roule par terre, le dos contre le plancher, tandis que l’enfant le rejoint à quatre pattes. Arrivé près de lui, il tend son bras droit. La petite bête se colle sous sa main en ronronnant, tête relevée et queue dressée, frémissante. Elle lui laisse à peine le temps de se stabiliser qu’elle grimpe sur ses genoux avant de se frotter à son épaule et à sa joue. Concentré, le bambin la saisit tout en interrogeant des yeux Léonard, qui lui murmure de faire doucement. Le peintre n’a pas perdu une miette de cette scène d’affection, dont il vient de tirer quatre nouveaux croquis… »

« Ses plus proches amis ont bien essayé de le comprendre, de le réconforter et même de le plaindre, mais aucun n’a trouvé les mots justes… Nul ne semble réaliser ce qui se joue en lui, ou plus exactement ce qui s’est fêlé en lui, avec cette fonte colossale qui lui échappe. Doucement, il prononce quelques mots à l’oreille de sa jument, puis il lui caresse la croupe, les flancs, avant de revenir à l’encolure, qu’il flatte en silence. De longues minutes s’écoulent ainsi. Paisible, docile, l’animal frotte, à plusieurs reprises, sa joue contre son épaule. Léonard se laisse alors glisser vers le sol, puis s’adosse au mur, sous le râtelier. La jument le regarde, tandis qu’il ne bouge plus, enfermé dans son silence. Le fixant de son œil rond et brillant, elle mâchonne du foin, dont quelques brins viennent émailler sa chevelure ondulée. »